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                                                            DIANA KRALL, « LIVE IN PARIS»

                                                                                (Eagle Vision 196 distribution Universal) 


L'analyse de ce DVD a été publiée dans le Bulletin du HCF N° 516, page 22 du mois d'Octobre 2002

 

I love being here with you, All or nothing at all, Let’s fall in love, The look of love, Maybe you’ll be there, Deed I do, Devil may care, Cry me a river, I’ve got you under my skin, East of the sun, I get along, Pick yourself up, S’wonderful, Love letters, I  don’t know enough about you, Do it again, A case of  you.

 

                             Ce concert a été enregistré à l’Olympia en 2001. On sait qu’après des débuts prometteurs sur la scène du jazz, Diana Krall s’est récemment enfoncée dans la guimauve avec son dernier disque « The look of love » (cf. Bulletin 508). Nous retrouvons ici le même climat déprimant dans Maybe you’ll be there, I get along, I’ve got you under my skin, S’wonderful et Love letters. Dans le genre, The look of love, qu’elle chante avec un peu plus de conviction, en dépit du rythme bossa-nova, est le moins mauvais.

                                Le reste du concert, fort heureusement, appartient presque totalement au langage du jazz. C’est merveille de voir et d’entendre des musiciens comme le contrebassiste John Clayton et le batteur Jeff Hamilton au côté de Diana. Le troisième accompagnateur notable est le guitariste Anthony Wilson, influencé par Kenny Burrell et Wes Montgomery. Ce musicien est surtout convaincant et swinguant lors­qu’il joue en octaves, à d’autres moments, je le trouve parfois un peu terne. Le second guitariste John Pisano et le percussionniste Paulinho DaCosta interviennent de façon épisodique et complètent la formation.

Ce concert public met en valeur dans plusieurs interprétations le grand talent de Diana Krall, pianiste. Elle a subi l’influence conjuguée d’Ahmad Jamal, de Monty Alexander et d’Oscar Peterson, et cela se ressent au travers de ses solos ou de ses interventions. Toutefois, ne possédant pas la virtuosité inégalable de ces pianistes, elle s’est efforcée de capter leur esprit en adaptant ces diverses influences à sa propre personnalité et y est parvenue, avec brio.

Diana utilise parfois le « block chords », fait de fugitifs emprunts à d’autres pianistes/chanteurs comme King Cole ou encore Ray Charles par exemple vers la fin de Cry me a river et émaille ses impro­visations de citations cocasses (Rockin’ in rhythm, Sweet Georgia Brown, Lonely Avenue...). Enfin, au début de I don’t know enough about you, elle nous gratifie d’un passage en stride léger et souple.

Les interprétations les plus réussies sont I love being here with you, essentiellement instrumental, Deed I do, East of the sun, et I don’t know enough about you, peut-être le sommet du concert. On redécouvre alors la véritable Diana Krall, sa joie de vivre, son dyna­misme, sa beauté profonde et son originalité.

Le reste du concert comporte de nombreux passages swinguants. L’orchestre symphonique européen et le « Paris Jazz Big Band » sont également présents dans certaines plages comme Let’s fall in love ou Pick yourself up, cependant le chant de Diana n’est pas dénaturé et reste agréable. Pour terminer le spectacle, elle chante avec émotion A case of love en s’accompagnant seule au piano. Peu « jazz» certes, mais authentique!

Espérons que Diana Krall reste enracinée au monde du jazz en dépit de sa célébrité naissante. Car, elle possède une classe incroyable.

                                                                                                                                                                   Raphaël Aubin