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                                                                                      RAY CHARLES IN CONCERT 

                                                                                                                                                                                                        (Image Entertainment 72333-80082-9)


L'analyse de ce DVD a été publiée dans le Bulletin du HCF N° 529 page 26 du mois de Février 2004

 

I got a woman, A song for you, It hurts to be in love, Georgia on my mind, The good life, Your cheatin’ heart,

They can’t take that away from me, It had to be you, You’d be so nice to come  home to, Till there was you ,

Say no more, Blues for Big Scottia, If you go away, All I ever need is you, Love in three quarter time, America, the beautiful.

 

        Ce concert a été enregistré en 1999 en Floride. Ray Charles n’est plus tout à fait Ray Charles, sa voix a perdu un peu de sa force expres­sive. Sa technique vocale s’est un peu émoussée, elle ne lui permet plus de faire vibrer ses notes aussi longtemps qu’il le voudrait. Mais le « Genius » possède toujours son grand talent. La preuve : Blues for Big Scottia, purement instrumental, swingué de façon réjouissante, bien soutenu par l’orchestre. Cette présente version n’est pas sans rappeler celle du disque « Live 93’ » (Bulletin 428). On remarque ici l’influence d’Erroll Carmer et celle de Lionel Hampton dans le jeu de synthétiseur de Ray Charles. J’ai aussi beaucoup apprécié le swing d’ensemble de It hurts to be in love, particulièrement bien chanté ainsi que la seconde partie de They can’take  that away from me. Sans être de qualité exceptionnelle, I got a woman et The good life sont convenablement swingués. Parmi les ballades en tempo lent, retiennent l’attention l’incontournable Georgia on my mind avec présence de cordes discrètes et surtout le medley Till there was you, Say no more particulièrement émouvant et original. Le premier thème est chanté par Ray Charles s’accompagnant seul au piano, la sonorité qu’il tire de son instrument est d’une rare plénitude, son chant est très prenant avec des inflexions blues. Les cordes effec­tuent l’introduction du second thème chanté avec gravité et profon­deur. Notez que le caractère symphonique de l’orchestration ne nuit pas ici à l’authenticité de la musique, Ray Charles reste lui-même dans ce contexte.

La chanteuse pianiste aveugle Diane Schuur participe à ce concert, chantant et jouant avec Ray Charles sur deux titres. Bien sûr, Diane ne vaut pas Carne Smith ou Aretha Franklin, mais elle possède une voix et une classe bien supérieures à la plupart des chan­teuses actuelles noires ou blanches. It had to be you est réussi, comique et émouvant à la fois, You’d be so nice to come home to, plus terne. Le concert se termine par une excellente version de America the beautiful où son chant est très convaincant. Ray Charles nous donne dans son livre Le blues dans la peau, p. 353, les raisons pour lesquelles il a enregistré cette chanson.

En dépit de quelques morceaux insipides ou rengaines comme Love in three quarter time, Your cheatin’ heart, A song for you, ce DVD mérite l’acquisition.

                                                                                                                                                                           Raphaël Aubin