RAY
CHARLES IN CONCERT
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Entertainment 72333-80082-9)
I got a woman, A song for you, It hurts to be in love, Georgia on my
mind, The good life, Your cheatin’ heart,
They can’t take that away from me, It had to be you, You’d be so nice to
come home to, Till there was you ,
Say no more, Blues for Big Scottia, If you go away, All I ever need is
you, Love in three quarter time, America, the beautiful.
Ce concert a été enregistré en 1999 en Floride. Ray
Charles n’est plus tout à fait Ray Charles, sa voix a perdu un peu de sa force
expressive. Sa technique vocale s’est un peu émoussée, elle ne lui permet plus
de faire vibrer ses notes aussi longtemps qu’il le voudrait. Mais le « Genius » possède toujours son
grand talent. La preuve : Blues for Big
Scottia, purement instrumental, swingué de façon réjouissante, bien soutenu
par l’orchestre. Cette présente version n’est pas sans rappeler celle du disque
« Live 93’ » (Bulletin 428). On remarque ici
l’influence d’Erroll Carmer et celle de Lionel Hampton dans le jeu de
synthétiseur de Ray Charles. J’ai aussi beaucoup apprécié le swing d’ensemble
de It hurts to be in love, particulièrement bien chanté ainsi que la seconde partie de They can’take that away from
me. Sans être de qualité
exceptionnelle, I got a woman et The good life sont convenablement swingués. Parmi les ballades en
tempo lent, retiennent l’attention l’incontournable Georgia on my mind avec présence de cordes discrètes et surtout le medley Till there was you, Say no more particulièrement
émouvant et original. Le premier thème est chanté par Ray Charles
s’accompagnant seul au piano, la sonorité qu’il tire de son instrument est
d’une rare plénitude, son chant est très prenant avec des inflexions blues. Les
cordes effectuent l’introduction du second thème chanté avec gravité et profondeur.
Notez que le caractère symphonique de l’orchestration ne nuit pas ici à l’authenticité
de la musique, Ray Charles reste lui-même dans ce contexte.
La chanteuse pianiste aveugle Diane Schuur
participe à ce concert, chantant et jouant avec Ray Charles sur deux titres.
Bien sûr, Diane ne vaut pas Carne Smith ou Aretha Franklin, mais elle possède
une voix et une classe bien supérieures à la plupart des chanteuses actuelles
noires ou blanches. It had to be you est réussi, comique et émouvant à la fois, You’d be so nice to come home to, plus
terne. Le concert se termine par une excellente version de America the beautiful où
son chant est très convaincant. Ray Charles nous donne dans son livre Le blues dans la peau, p. 353, les
raisons pour lesquelles il a enregistré cette chanson.
En dépit de quelques morceaux insipides ou
rengaines comme Love in three quarter
time, Your cheatin’ heart, A song for you, ce DVD mérite
l’acquisition.
Raphaël Aubin