THE SPIRIT 0F GOSPEL
Régine Abadia
et Joseph Licidé
distribution
Frémeaux et Associés
production
Gloria Film avec la Sept Arte et le CNC.
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C Ce documentaire a été tourné à la fin des
années 90. C’est donc un ététat des lieux récent. Les auteurs ont choisi de
s’intéresser à un certain nombre de chanteurs etmusiciens qui louent leurs
services dans des églises afin de mieux louer le Seigneur. Les personnes
interviewées sont aussi celles qui jouent la musique ; il semble qqu’elles
soient représentatives de ce qu’est le peuple noir américain aujourd’hui, du
moins dans sa très grande majorité. |
Est-ce du jazz? On en discute
dans le film, certains disent oui, d’autres non. La musique elle, pour une grande
part, swingue assez pour pouvoir dire que si ce n’est pas du jazz au strict
sens du terme, le jazz est bien son enfant. Une des vedettes du film, Willie
Neal Johnson, star de la communauté noire américaine raconte : « On jouait un
morceau en 1974. Ça s’appelait: « Jésus tu m’as comblé ». Mais vous savez d’où venait la mélodie ? Elle venait de: « Baby,
tu m’as manqué ». Et c’était du rock
».
Aux
sources de notre musique, ce DVD répond à la question: « D’où vient le jazz»
avec nombre de séquences swinguantes telles celles avec la chanteuse Ethel
Holloway (une révélation !) qui a fait de Dinah Washington son idole, même si
elle se déclare incapable de chanter le blues, ou le Révérend Aubrey Ghent, qui
chante avec sa femme Lori en s’accompagnant d’une « lap steel guitar », sorte
de guitare sur pied, en plus de Willie Neal Johnson déjà cité. Tous ces
chanteurs ou groupes de chanteurs sont accompagnés de musiciens dont le jeune
âge surprend, en particulier les batteurs. Il semble ainsi que sa relativement
récente position de citoyen à part entière n’a pas coupé le Noir américain de
ses racines ni éteint son incroyable vitalité.
La réalisation n’est pas,
hélas, à la hauteur de l’intention. Les séquences ont tantôt été tournées dans
des églises vides de fidèles -ce qui freinait l’ardeur des musiciens, tantôt
avec des caméras pas assez discrètes lorsqu’il y avait un auditoire, ce qui
bloquait le naturel des participants. Ils ont filmé, ils n’ont pas capté, comme
avait su si bien le faire Louis Panassié en son temps, avec quels pauvres
moyens (voir Jazz-Jazz de Laurent
Verdeaux).
A acquérir plus comme document
sociologique que musical.
(H.S.)