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THE SPIRIT 0F GOSPEL

Régine Abadia et Joseph Licidé

distribution Frémeaux et Associés

production Gloria Film avec la Sept Arte et le CNC.


L'analyse de ce DVD a été publiée dans le Bulletin du HCF N° 533 page 28 du mois de Juin 2004



C   Ce documentaire a été tourné à la fin des années 90. C’est donc un ététat des lieux récent. Les auteurs ont choisi de s’intéresser à un certain nombre de chanteurs etmusiciens qui louent leurs services dans des églises afin de mieux louer le Seigneur. Les personnes interviewées sont aussi celles qui jouent la musique ; il semble qqu’elles soient représentatives de ce qu’est le peuple noir américain aujourd’hui, du moins dans sa très grande majorité.

       Est-ce du jazz? On en discute dans le film, certains disent oui, d’autres non. La musique elle, pour une grande part, swingue assez pour pouvoir dire que si ce n’est pas du jazz au strict sens du terme, le jazz est bien son enfant. Une des vedettes du film, Willie Neal Johnson, star de la communauté noire américaine raconte : « On jouait un morceau en 1974. Ça s’appelait: « Jésus tu m’as comblé ». Mais vous savez d’où venait la mélodie ? Elle venait de: « Baby, tu m’as manqué ». Et c’était du rock ».

     Aux sources de notre musique, ce DVD répond à la question: « D’où vient le jazz» avec nombre de séquences swinguantes telles celles avec la chanteuse Ethel Holloway (une révélation !) qui a fait de Dinah Washington son idole, même si elle se déclare incapable de chanter le blues, ou le Révérend Aubrey Ghent, qui chante avec sa femme Lori en s’accompagnant d’une « lap steel guitar », sorte de guitare sur pied, en plus de Willie Neal Johnson déjà cité. Tous ces chanteurs ou groupes de chanteurs sont accompagnés de musiciens dont le jeune âge surprend, en particulier les batteurs. Il semble ainsi que sa relativement récente position de citoyen à part entière n’a pas coupé le Noir américain de ses racines ni éteint son incroyable vita­lité.

       La réalisation n’est pas, hélas, à la hauteur de l’intention. Les séquences ont tantôt été tournées dans des églises vides de fidèles -ce qui freinait l’ardeur des musiciens, tantôt avec des caméras pas assez discrètes lorsqu’il y avait un auditoire, ce qui bloquait le naturel des participants. Ils ont filmé, ils n’ont pas capté, comme avait su si bien le faire Louis Panassié en son temps, avec quels pauvres moyens (voir Jazz-Jazz de Laurent Verdeaux).

       A acquérir plus comme document sociologique que musical.

 

                                                                                                                                                                                              (H.S.)